10 ans après le BACC (Partie 2) :  2010, une année plus que difficile

10 ans après le BACC (Partie 2) : 2010, une année plus que difficile

31 juillet 2018 28 Par Atome

Après ma mauvaise 1ère année en SECO à l’université de Douala, je suis revenu l’année d’après pour me réinscrire. Je n’étais d’ailleurs pas le seul à devoir être entre le niveau 2 et le niveau 1, la plupart de mes camarades étaient dans la même situation. Mais tellement d’évènements vont s’enchainer dans ma vie au point de me faire perdre de l’intérêt pour l’école.

Comme je vous l’avais raconté, je suis orphelin de mère et Bâtard de père, donc c’est mon oncle et mes tantes qui avaient toujours payé ma pension, cela sous la pression et l’oeil veillant de ma grand-mère. Son décès ne m’aidera pas car mon oncle, cette année là va me délaisser à ce niveau. Déjà que pour aller à l’école il me fallait du transport. Pour payer ma pension cette année là mon cousin PITOU aka CISSÉ m’avait complété 10.000 Fcfa, et je ne l’avais même pas payée. Lui il va décéder d’un assassinat en Mars 2010 à 24 ans (Un jour, je vous raconterai cela, la vie est cruelle, très cruelle, sa mort l’un des plus mauvais souvenirs de nos vies). 

Après la mort de CISSÉ, Un an et 4 mois suite à celle de ma grand-mère, trop de choses ont changées. Rappelons qu’on vivait tous dans la même maison à Bonaberi-Douala. Au début de l’année, pour aller à l’école, j’allais rester chez ma tante Sandrine à l’hôpital Général, c’est elle qui me donnait l’argent de transport. Malgré tout, j’ai encore bousillé une année d’école, j’avais pas le moral. J’ai donc laissé abandonné la FAC, je n’ai même pas fini le 1er semestre. J’ai pas pu finir l’année 2009/2010 pour plusieurs raisons, découragement, laxisme et faute de moyens. 

Je me sentais emprisonné, difficile d’avancer. Credit photo : @Pixabay

Entre-temps, je me battais donc en étant répétiteur de quelques jeunes collégiens du quartier, leurs parents ne payaient pas grand chose, mais ça m’aidait, et je vous avoue que ce n’était pas du tout évident pour un garçon de 16 / 17 ans.  A coté, j’ai eu la chance que mon oncle m’offre un ordinateur portable durant ma 1ère année. J’ai appris à installer des systèmes d’exploitation pour les gens du quartier, télécharger les logiciels, les utiliser, télécharger les musiques, appris à mixer et faire de l’animation musicale, utiliser les logiciels de bureautique du pack Office, notamment publisher et Power Point pour faire des cartes de voeux avec poèmes et des programmes, tout ça allait m’aider. Mon épanouissement à coté de tout ça, c’était le RAP, les studios, je m’évadais par cela. Vous comprenez pourquoi je dis que LE RAP A SAUVÉ MA VIE

Je voulais aussi ouvrir un cyber café couplé à un centre de bureautique, j’en avais parlé à mon oncle et on devait le faire. J’ai même monté le projet mais il ne m’a jamais donné de suite. Mais bon… C’est juste une parenthèse…

Je cherchais des issues. Credit photo : @Pixabay

2010

Au début de l’année 2010, je voyais ma vie partir et j’avais l’impression de ne pas avancer, je pensais à mon destin, à mon avenir, je cherchais des issues ; j’avais tellement peur de l’échec et je me suis dit qu’il va falloir que je démerde pour avoir des rentrées consistantes afin de me payer une école. J’a commencé à chercher un emploi, durant un bon moment, je déposais des demandes, mais hélas, je rêvais trop, personne n’allait employer un petit garçon de 17 ans qui a eu un BACC y’a 2 ans et qui n’a pas d’expérience. 

Un jour en marchant dans la rue, je vois un prospectus d’offre d’emploi très flatteur car disant bien rémunéré. J’appelle au numéro et on m’invite le lendemain au 2e étage d’un bâtiment à Nkoulouloun  Je vois des gens tous en veste à croire que c’est une église, en plus ils sont tous joyeux. Je m’entretiens avec le responsable qui me dirige plutôt vers leur agence de Bonaberi, en effet c’était un poste de commercial, des vendeurs de produits qui vont de porte en porte marketer et qui sont payés au pourcentage de leurs ventes. Bref j’ai accepté et voilà comment j’ai eu mon 1er emploi sans contrat. Durant des mois, je devais sortir et aller attaquer, convaincre des clientes et clients que j’ai des produits efficaces leurs apportant des solutions. Quand je vendais un produit de 1000 Frs, j’avais 200 et sur celui de 5000, j’avais 1000 Frs. Mais Dieu sait que ce n’était pas facile, car le matin tu sors tu vas marcher sans savoir qui tu vas rencontrer. J’ai appris à persuader et avoir un mental de résistant. Pour tout vous dire je m’en sortais plutôt bien, je pouvais avoir 1500 de bénéfice par jour et aussi parfois je jonglais en vendant les produits plus chers que leurs prix recommandé. Mais c’était difficile d’économiser j’avoue.

A un moment j’en pouvais plus, j’ai arrêté car je stagnais, et il fallait faire quelque chose de ma vie. L’une de mes clientes s’appelait Bénédicte, une femme gentille qui m’a ouvert les portes de sa maison et à qui j’avais raconté ma vie, elle était très gentille avec moi. Chaque semaine, elle me prenait des produits et m’invitait à manger ou à déjeuner dans sa maison (en passant c’était une femme mariée hein! N’allez pas penser des choses). Elle était enseignante d’école primaire et m’a recommandé de faire un concours de la fonction publique pour stabiliser mes revenus, elle voulait que je fasse celui de l’ENIEG pour devenir enseignant d’école primaire et avait décider de m’accompagner pour cela.  D’un autre coté c’est la mère de mon ami Gervais à qui il avait parlé de mes déboires qui me recommandait de faire le concours de Greffier, car elle-même en était une. Elle avait aussi décidé de m’aider. C’est fou comment les femmes ont joué un rôle important dans ma vie, je vous le raconterai un jour. 

J’ai cru à un moment que c’est parce je n’étais pas assez intélligent. Credit Photo : @Pixabay

Je me concentre donc pour préparer les concours de la fonction publique en 2010, mais entre-temps, j’étais à sec, Bénédicte m’a donc trouvé un travail de Barman en face de chez elle à Besseke-Bonabéri, chez une femme qu’on appelait Tanti. Je gérais le Bar en étant sur place, mais ça ne me confortait pas vraiment en plus la mère là me payait juste 20.000 (En passant, ce n’était pas ma 1ere expérience de Barman, je l’ai fait à l’époque dans des conditions plus souple). J’arrêtes aussi avec cela en me séparant de Tanti sans avoir mon dernier salaire. J’ai composé mes dossiers pour les concours, je suis allé faire les examens avec le niveau BACC et je les ai eus. Moi qui pensait que j’étais devenu bête, mais non y’en avait encore là dedans, mes épreuves m’ont fait douter. Mes tantes contentes de la nouvelle ont un peu changé leurs opinions à mon égard.

Je choisis donc de faire l’ENIEG en me disant qu’après un an de formation et quelques autres mois, je pourrais être intégré avoir un matricule et un rappel. Comme je suis rêveur j’avais déjà mes plans, j’avais même déjà commencé à calculer mon salaire de futur enseignant d’école primaire et ce que je vais en faire. Même si c’est à Meiganga qu’on allait m’affecter après ma sortie j’étais prêt pour cela. Il me fallait maintenant trouver l’argent pour assurer mon année de formation. Comme j’avais ma tante, Mami Eli, qui vivait à Bonamoussadi pas loin du centre de l’ENIEG Douala, j’ai demandé à ce qu’elle m’accueille pour faire face au problème de transport. Mais il me fallait encore 300.000 FCFA pour ma pension et les frais de matériel, j’avais aucune solution. J’ai donc appelé mon oncle là à Mbeng pour lui dire que ” Puisqu’il ne veut plus me payer l’école, je me suis démerdé pour avoir un concours de la fonction publique et j’ai besoin de son aide pour payer ma formation”. Vous savez ce qu’il a fait?  Il a dit “Je vais t’envoyer 100.000 et c’est la dernière fois que je t’aide dans ma vie”. Bien évidemment c’est ce qu’il a envoyé, j’allais trouver le reste où? Pourtant, il payait bien la pension de ses enfants, donc c’était pas un problème d’argent, ça m’avait meurtri et jusqu’à aujourd’hui il encaisse le poids de cela. 

Bref! Comment j’ai fait pour m’en sortir? Je peux vous dire que Dieu est miraculeux et qu’il n’abandonne personne. La suite va tête très surprenante, un revirement à 180 °, oui vous allez être très surpris que ce que je vais vous raconter dans la prochaine partie de mon récit.