10 ans après le BACC partie 3 : Mon retour en FAC, entre l’école et la musique

10 ans après le BACC partie 3 : Mon retour en FAC, entre l’école et la musique

13 août 2018 8 Par Atome

Un jour en 2009, pendant que je faisais SECO à l’université de Douala. J’ai rencontré au hasard une cousine à mon grand-père maternel, Maman Monique c’est elle! Ce jour là je marchais dans la rue et on s’est croisé alors qu’on avait déjà fait plus de 06 sans se rencontrer, on se voyait souvent des les réunions de la grande famille lorsque j’étais tout petit. Et notre rencontre en 2009 sera déterminante, car ce jour, elle m’a dit “Si tu as n’importe quel problème, fais moi signe”. Et elle m’a laissé son numéro de téléphone.

Un an après elle va  être mon secours, mon issue en 2010

Après que mon oncle m’ai envoyé  de l’argent (100.000Fcfa), je devais me débrouiller pour trouver 200.000 Fcfa de plus pour faire aisément mon année à l’ENIEG de Douala où je venais d’obtenir le concours. Ayant peu d’options et de choix, je me suis souvenu de Mama Monique et je me suis dit que je pouvais aller lui exposer mon problème et c’est ce que j’ai fait.  Lorsque j’arrive chez Mama Monique et que je lui explique ma situation, elle est surprise et compatit. Mais cette dernière me dit que je suis trop jeune pour aller entrer dans la fonction publique, elle me propose de retourner en FAC et qu’elle pourra me payer la scolarité jusqu’à ma licence et même parfois me dépanner. Pour elle, avec mes 17 ans, la voie de l’ENIEG n’était pas la bonne option, et elle ajoute en me demandant “Quelle filière veux-tu vraiment faire?” Moi avec mes rêves de rappeur et ma soif d’apprendre le métier des médias , je lui ai dit Communication. Elle me propose de réfléchir et revenir. Quelques jours plutard, je reviens vers elle avec un nouveau choix, j’ai décidé d’abandonner l’ENIEG pour aller faire Communication.

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Année académique 2010/2011 : Mon retour en FAC

J’avais donc une nouvelle chance de reprendre avec l’école. J’étais de nouveau enthousiasmé, bien que la réadaptation n’allait pas être évidente. Mes habitudes de troubleur de FAC  étaient restées. Je me sentais quand même à l’aise avec les contenus des cours, en plus on était bien moins nombreux qu’en SECO. Cette année là je vivais entre chez mes tantes, parfois à Bonamoussadi, parfois à PK 12, parfois à Bonaberi. Même si j’assimilais bien les cours et que j’étais enthousiasmé, à coté il y’avait le RAP, et aussi la radio. Je me suis fait une nouvelle bande d’amis (Papouz, Dickson Kondo, Carelle) unis autour de ces deux choses. En cours d’année j’ai commencé la radio à Sweet Fm, puis avec les autres nous nous sommes retrouvés à Casmando FM. Voilà comment j’entre dans le monde des médias. Pour grandir et m’informer, j’allais à tous les événements hiphop et concerts où  je pouvais aller. Je ne ratais rien. C’est aussi cette année là que j’ai commencé à écrire les songs de mon 1er disque “L’ENVIE DE REUSSIR”. C’est aussi à cette époque que j’ai vraiment commené à pratiquer sur le digital, malgré le fait que je ne me connectais pas H24, je faisais l’effort d’apprendre le business et les opportunités de la musique. Dickson Kondo avait même créé un blog skyrock et je l’ai récupéré pour y mettre mes chansons.

Revenons à l’école

Comme je l’ai dit, ce n’était pas difficile, le seul bémol, c’était le système et ses exigences, la négligence de la FAC. Je valide quand même mes UVs pour aller en 2e année (2011/2012) avec quelques matières à rattraper. Mais durant ma 2e année notamment vers la fin, je commençais à me sentir mal à l’aise. En plus j’ai composé mais les résultats m’ont déçus. Je détestais tellement le fait que l’on doit toujours courir après les profs pour arracher des notes. 

Mon éveil

Je reprend donc la deuxième année de communication et là nous sommes en 2012/2013, le temps est passé, je ne suis plus si jeune, ça fait bientôt 05 ans que j’ai eu le BACC. Cette année là je sors aussi mon disque de RAP “L’envie de Réussir”, ça m’a pris deux ans entre les cotisations par ci et là, je jonglais. En Fac, je commence à être connu comme rappeur et je faisais même déjà des shows. Dans le milieu du RAP aussi, mon nom courrait, mais on me simplifiait beaucoup. Je n’avais que ma rage(Je vous en parlerai un jour).  En étant sur les bancs de 2e communication une 2e fois, mon esprit rebelle intellectuel a commencé à se manifester. Car, au delà des cours des profs, je lisais beaucoup et j’avais des opinions qui ne dépendaient pas forcément des théories. J’ai donc commencé à détester les cours qu’on nous donnait, j’ai décidé de miser sur le RAP, mais c’était plus que risqué. A la limite c’était de la folie.

Je deviens Entertainer Universitaire.

J’étais diffusé dans quelques télés et radios. Plusieurs en FAC me voyaient et me remarquaient, en disant Voila Moi (Ma chanson). Le nom d’Atome arrivait jusqu’à l’administration et on m’invitait à tous des petits shows universitaires. En dehors de moi à l’Université de Douala , en faculté de Droit, il y avait aussi JADANA l’assermenté, concepteur du RAP juridiquement valable. Au fil du temps, je constatais que j’avais un public que je pouvais réussir à mobiliser dans cet environnement. C’est ainsi en 2013 avec mon frangin JADANA ,on décide de faire notre propre concert, le 1er du genre à l’Université, on allait oser. Le projet définit, on a construit sa stratégie de terrain et aussi commerciale, c’est là que je commence vraiment à appliquer la communication (pas la théorie de l’école). Avec Franko, Mink’s et d’autres artistes, on a réussi l’exploit de faire un concert de 1000 personnes à guichet fermé au gymnase de l’Université de Douala. Un événement qui avait créé de l’écho dans l’underground du hiphop à Douala et aussi sur le digital (Dans notre petite sphère du hip hop). C’est cette année là que “Hein père” de Stanley cartonnait.

Notre 1er concert à l’Université de Douala avec Franko, Boudor, Mink’s

Mais croyez moi, j’en suis sorti ruiné, tout comme Jadana, car l’événement avait demandé trop de charges. Tout ce qu’on a gagné, on a dû rembourser. Le pire c’est que cette année là je vais quitter Bonaberi à force d’être en litige avec ma tante, un jour je suis parti avec mon petit sac à dos, j’ai vraiment vagabondé, mais je vous épargne les détails de cela pour l’instant. On me connaissait comme Atome, la petite star, alors que je n’avais même pas ou dormir, c’était à peine si je pouvais manger. Bref ça été un passage triste qui a demandé beaucoup de force. Et comme vous pouvez l’imaginer, j’ai moi laissé l’école au profit de la musique cette année, car ma passion était là-bas. Je vivais de quelques shows dans des snacks de temps en temps.

2013/2014, je reviens encore en 2e année

J’ai eu la chance que Mama Monique (celle qui me payait l’école) me propose de venir vivre chez elle. J’étais donc plus stable socialement, mais dans mon fonctionnement je ne l’étais pas. Je cherchais des solutions pour ma musique, j’étais passionné par le terrain, moi je voulais faire des choses. Les cours m’ennuyaient je vous assure, je voyais les mêmes choses, des étudiants à qui on récite des théories, qui viennent recopier et vont s’assoir tous les jours sur les bancs en groupe de TDs. Je fréquentais, mais je ne voyais plus ce que faire communication m’apportait.

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J’ai donc commencer à sécher les cours pour me lancer dans les évènements en FAC. Il y a à l’université de Douala un lieu célèbre qu’on appelle “Le mont des oliviers”. C’est là où Jadana les autres et moi on se rencontrait. Projets, Freestyles etc.. quand j’étais bloqué j’allais fouiller sur internet. J’ai appris à monter des dossiers marketings, faire du PR, du Event Host, de la comm événementielle, de la direction artistique à partir de la FAC. Jadana et moi avions pris en main un événement de l’Université qui s’appelait le FACUD (Festival Artistique et Culturel De l’Université de Douala). On l’organisait à nos fonds propres, on cherchait des sponsors, je montais les dossiers. Et partout où il y avait de la musique en FAC, j’étais là.

Ma prestation aux J.U 2014

Pour beaucoup de mes camarades c’était de la bêtise, car on animait la gallerie. On réunissait les artistes de l’université autour de nos shows. A tel point que les autres Facultés, les clubs et même l’administration nous contactaient désormais comme consultants pour leurs événements. Mais croyez moi, ça ne donnait toujours pas grand chose. Mais déjà en ce moment j’étais sûr que j’allais arriver quelque part, et avec orgueil, j’étais sûr que j’en savais plus que mes camarades qui étaient sur les bancs. J’ai composé et j’ai avancé pour le niveau 3 en communication. 2014/2015, le travail est venu me trouver sur place en FAC (J’en parlerai dans la suite).