BÂTARD malgré moi. L’époque de “PAPAOUTAI” est passée.

BÂTARD malgré moi. L’époque de “PAPAOUTAI” est passée.

19 juin 2018 7 Par Atome

Souvent quand on traite quelqu’un de bâtard, il considère cela comme une insulte, bah pour moi c’est juste un qualificatif.  Voilà ma vie qui s’est faite sans que je ne sache de qui est venu le sperme qui m’a fait mon géniteur.  

L’ÉPOQUE DE “PAPAOUTAI” EST PASSÉE

J’ai dû grandir en me posant des questions à tel point que j’en suis passé, mais au fond de moi, j’ai gardé cette amertume proche de la rancoeur, car je me dis que lui, il avait plus de moyens de me trouver. Cette histoire est compliquée, la famille de ma mère (notamment ma grand-mère) n’a pas voulu de lui, je ne sais pas pourquoi. Ma mère était jeune et je crois que elle seule aurait vraiment pu me dire. Ma grand-mère en mourant, j’étais à son chevet, lui posant la question avant sa mort QUI EST MON PÈRE? , mais hélas pas de réponse. Mes tantes et mon oncle ne peuvent pas vraiment affirmer. Mon acte de naissance portait le nom de mon grand-père (qui m’a reconnu et que je n’ai jamais connu). Ma valise de naissance portait le nom d’un certain TOSTAO, c’est d’ailleurs ainsi qu’on m’appelait durant ma tendre enfance. Un nom bizarre d’ailleurs, on le déformait tellement pour m’intriguer quand j’étais plus jeune. En classe de 6e en 2000, la plus jeune de mes tantes m’a fait rencontrer ce fameux Mr qui s’était déclaré etre mon père, oui on s’est côtoyé, pas assez de temps, mais assez pour moi pour etre sûr que ce n’était pas lui. Et meme si c’était lui, je n’en voudrais pas, il a disparu et ce n’est qu’en 2008 à ma 1ere année d’université que je l’ai revu et après ça plus jamais. Mais j’en suis sûr, lui il n’est pas mon géniteur, à chaque fois de ma vie que j’ai rencontré au moins une cousine ou un cousin éloigné, j’ai senti un lien non forcé et spontané. 

ALLÔ PAPA C’EST TON BÂTARD

Voilà donc que les années s’enchainent et que tout ce que je vous ai raconté de ma vie  comme événements tristes ont eu lieu. Devoir vivre chez les gens, manquer de pratiquement tout, errer, vagabonder, être dans le besoin permanent alors que quelque part j’ai un père qui aurait pu m’aider au moins pour ma scolarité. Cela a été la charge de mes tantes et de mon oncle jusqu’à ce qu’ils se fatiguent. A une époque de ma vie, j’ai dormi en route pendant longtemps parce que de partout, on m’avait mis dehors (je vous dirai un jour en détails). Et souvent sous le froid et la pluie, je pensais et me disais que si j’avais un  père, je serai sous son toit et tout ceci n’arriverai pas, et de penser qu’il est vivant pendant que tout ça arrive, ça me brisait le coeur. Mais tout ce que Dieu accepteJ’ai toujours eu du mal à prononcer le mot “PAPA”, je le disais hypocritement pour m’arrimer mais au fond j’aime pas ce mot. L’époque de “PAPAOUTAI” est passé. Avec le temps j’ai pris sur moi d’assumer pleinement ce statut de BÂTARD qu’est le mien. J’ai appelé, mais personne au bout du fil, j’ai tellement attendu qu’il vienne, mais jamais. J’ai voulu détester mais désormais je fais l’indifférent, “MON PÈRE N’EXISTE PAS” et n’a même jamais existé. Je ne veux plus le connaître. Si pendant plus de 25 ans, il m’a négligé, je crois que c’est même mieux qu’on ne se soit pas connu, il n’aurait sûrement pas été un bon père. Mais parfois je me dis aussi souvent “EST-CE QU’IL SAIT MÊME QU’IL A EU UN FILS?”  Je n’accuse pas ma chère jeune mère que je n’ai pas connu, mais tout aurait été possible.

DES PROCHES ME DISENT SOUVENT, IL FAUT CHERCHER À LE RENCONTRER, JE N’AI PLUS CETTE FORCE, NI LA VOLONTÉ, J’AI TROP ÉCOPÉ DANS MON ÊTRE. ÇA NE M’APPORTERA RIEN, CAR JE M’EN SORS AU MOINS DÉJÀ DANS LA VIE. 

On dit souvent que le village de ton père est ton village, moi je ne sais pas d’où je viens, je ne connais pas mes origines paternelles. Ai-je des frères? Des soeurs? Je ne sais pas. Je me suis résolu à me dire que je suis le fils de ma mère, un fils unique. Peut-être que j’ai meme déjà commis l’inceste, je ne sais pas, mais j’espère que non car  tout peut arriver dans cette situation. 

Aujourd’hui je suis obligé de relativiser, quitter ma position de juge pour celle de l’éprouvé. C’est ce qu’on appelle avoir le cul entre deux chaises. Me voilà aussi PAPA,Bâtard devenu PAPA et je dois tout faire pour que mon fils ne vive pas la même chose, au delà d’avoir eu son géniteur, il doit avoir son parent. Ce texte a pour but de me libérer moi et d’appeler à la responsabilité. Si nous faisons des enfants, soyons là pour les élever. Ça fait trop mal de vivre avec des questions sans réponse sur son origine.