Méchant Beau-père Part 3 : La revanche de ma tante, une baston inoubliable

Méchant Beau-père Part 3 : La revanche de ma tante, une baston inoubliable

4 mai 2018 6 Par Atome

Comme je vous l’ai dit dans la première partie de mon récit, à une époque de mon séjour à Ndogpassi 3, dans la maison du dictateur Mr T, mari de ma tante, on passait des nuits tumultueuses à séparer des bagarres. Toutes les nuits lorsqu’il était environ 02h du matin, Mr T et ma tante se disputaient et il n’hésitait pas à la bastonner. Heureusement que Pitou (son neveu), Christelle (leur fille ainée), et moi étions là. Chaque nuit il fallait les séparer et c’était devenu notre routine, tout cela se passait devant les plus petits, Laeticia, Ornella et Alexandre (03 ans, 05 ans , et 04 ans). Nous sommes en 2005.

Mr T ne rationnait plus, il ne donnait plus d’argent de beignet, il se contentait de rentrer le soir, bavarder, manger ce qu’il trouvait en haussant le ton gaillardement. La salaud! C’est ma tante qui, grâce à son petit commerce de pain haricot et son comptoir de bonbons-cigarettes s’occupait de nous. Elle n’avait même plus de bénéfice et touchait la ruine avec 06 enfants à sa charge et un mari irresponsable. Dans nos discussions, elle nous disait toujours que ses grands parents lui ont appris que la femme ne doit pas rendre lorsque le mari porte la main sur elle. Et elle nous disait que ce n’est pas parce qu’il ne rationne pas qu’on ne doit pas lui faire son plat, c’est pour cela qu’elle se soumettait autant. Eh ah! Vous pensez que pour nous ça sonnait bien? Bien-sur que non. Tentez de dire ça à une jeune fille d’aujourd’hui, vous allez confirmer. Bref je continue…

Un soir, Mr T rentre vers 18h, plutôt que d’habitude. Nous étions sur la cour, occupés par nos travaux. Ma tante était absente (elle était à son comptoir en route). Comme tous les jours à cette heure, on faisait bouillir le haricot qu’elle allait vendre le lendemain, on n’avait rien préparé ce jour à la maison et je me souviens que nous avons mangé le reste de  son pain-haricot du matin.  Mr T entre et se change, il vient s’installer au salon avec ses pieds puants qu’il dépose sur la table, sa serviette attachée à ses reins et son gros ventre affiché, tandis que son dos est adossé sur le canapé  (eh ah! ma tante a quand war hein); il demande ensuite qu’on lui apporte à manger, et Christelle lui dit qu’il y’en a pas. Il se fâche et commence à gronder, il demande où sa femme et on lui dit qu’elle n’est pas là? Et voilà qu’il commence à dire “Elle va m’entendre… Elle me sert à quoi? Vous me servez à quoi dans cette maison?”. Nous on le regardait seulement hein!

Il se lève donc et se précipite vers la cuisine (La chambre de Pitou et moi). Il ouvre les marmites et voit qu’il y’a rien [En passant, je dois vous dire que c’était le genre d’homme qui comptait les morceaux de viande dans la marmite]. Puis il vient à l’extérieur et se dirige vers la marmite de haricot qui était posée sur le feu de bois. Il l’ouvre et constate que c’est la marchandise de ma tante qui est en train d’être préparée. Sa colère prend du volume et il gronde encore plus, là où il a pakgne (dérangé), c’est qu’il a carrément bousculé la marmite et versé tout le haricot qui était en cuisson. Pendant ce temps, ma tante a été alertée en route et est venue  à la maison en précipitation. Préparez vous bien pour ce qui va suivre…

C’est la boxe que tu voulais voir?

Lorsqu’elle arrive à la maison, elle constate les dégâts, toute furieuse, elle entre dans la maison et Mr T essaie de l’intimider en paroles. C’est alors qu’elle lui dit que c’est déjà trop, et elle exprime sa colère. Avec tout ce qu’il lui faisait subir, elle en avait marre. Il a encore voulu la frapper ce jour et cette fois là, elle l’a contrée au mur et l’a enchaîné avec des coups de points tranchants comme sur un ring de boxe, à tel point qu’il n’a même pas pu se défendre. Il s’est retrouvé dos au mur en encaissant seulement la bastonnade de ma tante qui s’est correctement défoulée ce jour. Le temps qu’on arrive pour séparer la bagarre, elle avait déjà bien touché, et nous-mêmes , on faisait semblant de séparer car le spectacle était trop beau. Mr T se relève et poursuit ma tante jusqu’à l’extérieur, et je ne vous dis pas, il était nu, sa serviette est tombée en essayant de courir, et le mboutman est lui sorti sans-caleçon aux yeux de tous les voisins et des enfants. Ma tante est donc passée en mode cailloux, c’était le film, pendant qu’il essayait de la suivre elle le visait avec les cailloux qu’elle ramassait sur la cour, et croyez moi, c’est une bonne viseuse, elle ne le ratait pas. N’ayant pas pu la rattraper pendant qu’elle s’enfuyait, il est retourné et c’est une voisine qui lui dit “rhabille toi, regarde ce que tu fais devant les enfants”. Il rentre donc dans la maison  en hurlant “Merde, elle me tape? Dans ma maison? Vous voyez ce que votre mère a fait nor? Elle ne viendra plus ici”. Pour nous quoi là dedans? Nos cœurs étaient remplis de joie à cet instant car cette revanche était celle de nous tous.

Le lendemain, ma grand-mère est venue ajouter sa part

Ce soir là, ma tante a du dormir hors de la maison, chez la petite soeur de ma grand-mère “Mami Moh”qui vivait à Mbanga Pongo à quelques kilomètres de là. La famille a été alertée et le lendemain Mr T n’est pas allé au boulot, il avait trop mal. Ma tante arrive donc à la maison vers 13h avec ma grand-mère et une de ses sœurs Ma’ Chan dont je vous parle depuis. Ma grand-mère était malade mais ce jour, sa colère était si forte qu’à peine entrée chez Mr T qui était couché sur le canapé au salon , elle ne s’est pas gênée , elle s’est jetée sur lui en lui portant des coups et elle lui a fait un oeil au beurre noir, tout en lui disant qu’il ne touche plus jamais à sa fille. Mr T s’est radicalement opposé au retour de ma tante à la maison. Nous étions à l’école en ce moment. Vers 15h lorsque nous sommes rentrés, on trouve Mr T et sa mère à la maison, pour se victimiser, il est allé prendre de l’huile rouge à la cuisine et a embaumé les contours de son œil. En voyant tout le monde qui entrait à la maison il disait “Regardez comment sa mère m’a percé l’œil, elles veulent me tuer”. C’était tellement drôle malgré la tristesse qu’il créait autour de nous.

Ma tante est revenue le jour d’après.

Puisque Mr avait décidé de chasser ma tante de la maison, celle-ci a décidé qu’elle ne partira pas sans ses enfants. C’est alors qu’un jour, lorsqu’il n’était pas à la maison,  nous approchions les grandes vacances. Ma tante est venue et a dit qu’on emballe toutes nos choses. C’est ainsi qu’avec un bataillon de 06 enfants (Moi, Christelle, Laeticia, Ornella, Alexandre, et même Pitou son neveu), ma tante s’est sauvée de chez Mr T.

Nous allions entamer une nouvelle aventure en allant vivre à Mbanga Pongo chez Mami Moh. Nous tous sauf Pitou son neveu qui le lendemain est allé rejoindre sa mère (sœur de Mr T).  Crois moi! La suite n’a vraiment pas été facile, surtout pour moi. L’histoire de Mr T devrait s’arrêter ici. Mais je suis sur que tu te demandes ce qu’est devenue ma tante, que sont devenus ses enfants? A très bientôt pour la suite.